Rencontre Psychanalyse Cinéma en 3 séances


Rencontre organisée par Elisabeth Marion et Yohan Trichet, membres de l'ACF-VLB.
Association de la Cause Freudienne Val de Loire-Bretagne
Lien : http://www.associationcausefreudienne-vlb.com
Lien avec l'Ecole de la Cause freudienne : www.causefreudienne.com
Présentation : Les grandes figures mythiques de la littérature fantastique, comme le monstre de Frankenstein virent le jour au XIXe siècle alors que triomphe le discours de la science. Voici le point d’ancrage du travail de Sophie Marrret-Maleval autour de quoi nous organisons cette rencontre en 3 temps.
Temps 1 : Vendredi 21 septembre à 20h, un film, Mary Shelley's Frankenstein de Kenneth Branagh, suivi d'une conversation.
Temps 2 : samedi 22 septembre à 9h30, un film, La piel que habito d'Almodovar, suivi d'une conversation.
Temps 3 : Tables rondes. 14h-18h au carré Plantagenêt.
La première, "La science, la fiction et le corps"
La seconde, " Le désir du scientifique et le sujet de l'inconscient".
Pour les conversations consécutives aux films et celles des tables rondes, nous réunirons autour de Sophie Marret-Maleval des psychanalystes qui sont aussi médecins, gynécologues, dermatologues, ainsi que des enseignants en histoire, philosophie et lettres .

Les rencontres que nous avons préparées ont eu lieu. Vous avez été très nombreux à vous y intéresser. Ce blog a été visité plus de 3000 fois.
Nous remercions les intervenants et les participants pour la qualité de leurs interventions, les échanges ont été vivants et riches d'enseignement.
Ce blog n'est plus référencé sur Internet. Il reste cependant consultable.
Les activités de l'ACF-VLB continuent. Pour tout renseignement vous pouvez suivre ce lien, http://www.associationcausefreudienne-vlb.com
Pour Le Mans, vous pouvez contacter Elisabeth Marion, elisabeth.marion@gmail.com

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dimanche 9 septembre 2012

Sophie Marret-Maleval "Les limites de la science"



Sophie Marret-Maleval
« Les limites de la science »

Voici un extrait choisi du livre de Sophie Marret-Maleval, « L’inconscient aux sources du mythe moderne », Rennes PUR, 2010, qui constitue le point d’ancrage de notre rencontre.

Si les conditions mêmes de la science nécessitent l’exclusion du sujet, la nouvelle « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde »[1] laisse poindre que le sujet est inéliminable, restreignant ainsi les prétentions rationalistes. En indiquant par ailleurs que la contingence (qui est pour Lacan une des manifestations du réel) est inéliminable de la science elle-même, elle s’attaque à l’idéal platonicien qui guida longtemps l’homme de science, selon lequel tout réel est rationnel. « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde » pointe la discordance entre le sujet et la rationalité scientifique et indique que la démarche de la science elle même contrevient à toute prétention ultime de rationalité, anticipant en quelque sorte sur les modalités de la science du XXème siècle.
Ainsi le texte s’intéresse-t-il aux apports de la science pour enseigner sur ses limites.

 «C’est […] par la négation de [l’évidence des sens] que commence la science moderne », note Daniel Boorstin, celle selon laquelle la Terre est « immobile et plantée au centre de l’univers ».[2] L’astronomie et la connaissance du monde ne se sont développées qu’à déjouer la tromperie du regard tandis que les domaines de la biologie et de la médecine nécessitaient pour leur part de reposer sur l’observation objective, d’autant plus qu’elles ont encore longtemps consisté en une démarche descriptive. Au XIXème siècle cependant, l’analyse du vivant en est venue à se pencher plus précisément sur le principe vital et à tenir pour fondamentaux des éléments invisibles à l’œil nu. Si les travaux sur la cellule furent rendu possibles grâce au perfectionnement du microscope, la démarche expérimentale et spéculative de la chimie contribua aux progrès des découvertes concernant l’atome et les micro-organismes (Pasteur) dans le domaine de la chimie biologique. Ainsi, le passage de la chambre de dissection au laboratoire du chimiste vient-il pointer, dans la nouvelle, la prédominance de méthodes rompant avec le témoignage direct des sens, notamment de l’observation du visible, au XIXème siècle.
Utterson ferait-il figure de naïf à cet égard, lorsqu’il estime : « If he could at once set eyes on him, he thought the mystery would lighten and perhaps roll altogether away. » (J. &H., p. 38) ; « S’il pouvait l’apercevoir, ne fût-ce qu’une fois, le mystère, croyait-il, s’éclaircirait et peut-être se dissiperait tout à fait. » (J. &H., p. 67) ? Les thèses de Cesare Lombroso pour qui le criminel portait les signes visibles de son état de développement primitif sur le visage, se trouvent en effet subverties alors qu’émerge une appréhension plus subtile de l’humain, lorsqu’à travers la description de Hyde, pointe une interrogation sur l’au-delà du visible :
Mr Hyde had numbered few familiars – even the master of the servant-maid had only seen him twice; his family could nowhere be traced; he had never been photographed; and the few who could describe him differed widely, as common observers will. Only on one point were they agreed; and that was the haunting sense of unexpressed deformity with which the fugitive impressed his beholders. (J. &H., p. 50)
Mr Hyde comptait peu de familiers. Même le maître de la femme de chambre ne l’avait vu qu’à deux reprises ; sa famille demeurait introuvable ; on ne possédait aucune photographie de lui, et les rares personnes susceptibles de le décrire différaient du tout au tout, comme il a en va couramment des témoins. Ils ne s’accordaient que sur un point : l’obsédante impression d’indéfinissable difformité que l’homme en fuite inspirait. (J. &H., p. 81)
Mr Hyde n’est pas tant caractérisé par son apparence que par une difformité au-delà du visible qui transparaît. Ainsi, la disjonction de l’esprit et de l’apparence est-elle rendue manifeste dès les premières lignes, à travers le portrait d’Utterson. «  Mr Utterson, the lawyer, was a man of a rugged countenance, that was never lighted by a smile; cold, scanty and embarrassed in discourse; backward in sentiment; lean, long, dusty, dreary, and yet somehow lovable ». (J. &H., p. 29) « Mr Utterson, notaire de son état, était un homme à la mine sévère, qu’aucun sourire ne venait jamais éclairer. Il était d’une conversation froide, sèche et embarrassée. Peu porté au sentiment, cet homme grand, mince, triste et morne plaisait pourtant à sa manière ». (J. &H., p. 55) Son humanité tient à quelque chose d’imperceptible, de « muet », une lueur dans le regard, un effet de ses actes :
At friendly meetings, and when the wine was to his taste, something eminently human beaconed from his eye; something indeed which never found its way into his talk, but which spoke not only in these silent symbols of the after-dinner face, but more often and loudly in the acts of his life. (J. &H., p. 29)
Dans les réunions entre amis, et quand le vin était à son goût, son regard se signalait par quelque chose d’éminemment humain, quelque chose qui à vrai dire ne transparaissait jamais dans sa conversation mais qui s’exprimait, non seulement par ce muet symbole qu’est le visage après un bon repas, mais le plus souvent, et avec plus de force encore, à travers les actes de la vie. (J. &H., p. 55)
Stevenson situe l’essence de l’humain non seulement au-delà de l’observable et du descriptible mais aussi au-delà du langage, ainsi la nouvelle contribue-t-elle à l’émergence d’un savoir sur le réel (au sens de Lacan), aux limites de la rationalité.

Au-delà du signifiant

Ancré dans la veine des « detective stories », « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde » présente un monde à déchiffrer dans lequel les signes s’avèrent instables, peu fiables. Le récit suit tour à tour la version de l’histoire de chacun des quatre protagonistes principaux, la vérité ne se construit que dans la conjonction de leurs expériences et de leurs témoignages. On l’a souvent souligné, Stevenson nous conduit sur la voie du modernisme.
Utterson porte la lettre de Hyde à Jekyll à l’un de ses amis qui étudie les écritures, dans l’espoir que la science graphologique lui permette une avancée de son enquête. Il présente d’emblée le document comme : « a murderer’s autograph » (J. &H., p. 54) « un autographe d’assassin » (J. &H., p. 86). À cette remarque, l’ami répond : « no sir, he said, not mad; but it is an odd hand » (J. &H., p. 54) « Non, monsieur, ce n’est pas l’écriture d’un dément, c’est une écriture contrefaite » (J. &H., p. 86), l’adjectif « odd » exprime plutôt une notion d’étrangeté. Une fois encore se trouve invalidée la fausse science de la criminologie inspirée de Lombroso. Stevenson attribue au graphologue une démarche plus prudente, qui ne conclue pas trop vite du signe à l’interprétation, du signe à la personnalité. L’écriture ne porte que la trace de l’inquiétante étrangeté de Hyde, qui, par le jeu de miroir entre les personnages, s’avèrera propre à l’humain. Toutefois, c’est ce à quoi Utterson reste aveugle en un premier temps. Lorsqu’on apporte une lettre de Jekyll, le graphologue note bien : « The two hands are in many points identical; only differently sloped » (J. &H., p. 55) « Les deux écritures sont identiques sur bien des points. Seule l’inclinaison diffère » (J. &H., p. 86). Utterson en déduira que Jekyll a rédigé un faux, il ne pourra concevoir que Jekyll et Hyde font un. En outre, les indices apportés par la science graphologique restent à interpréter, ce que l’un et l’autre manqueront de faire correctement.
Partout les signes sont instables, leur signification changeante, tandis qu’ils ouvrent sur un au-delà des mots : alors qu’il se tient dans ce qu’il considère comme « the pleasantest room in London », « la plus agréable [pièce] de tout Londres », dans la demeure de Jekyll, Utterson constate pourtant : « and now he seemed to read a menace in the flickering of the firelight on the polished cabinets and the uneasy starting of the shadow on the roof. » (J. &H., p. 41) ; « il avait l’impression de lire une menace à travers la lumière vacillante de la flambée qui dansait sur les meubles cirés et les sursauts inquiétants des ombres au plafond » (J. &H., p. 71). Jekyll, pour sa part avertit : « my position is very strange – a very strange one. It is one of those affairs that cannot be mended by talking » (J. &H., p. 44). Lors de « la dernière nuit », celle de la découverte de Hyde et de son suicide, Utterson constate : « The wind made talking difficult » (J. &H., p. 63) « Je suis dans une situation pénible, Utterson, une situation très étrange, oui, très étrange ! C’est une de ces choses à laquelle aucun bavardage ne saurait remédier » (J. &H., p. 75) On peut lire en anglais « à laquelle la parole ne saurait remédier ». Les événements mettent à mal le signifiant, menacé, comme l’indique l’image du vent, par l’insubstantiel, l’immatériel.
La nouvelle porte un savoir sur la jouissance : inhérente à la condition de sujet et incarnée par Hyde, la jouissance est de l’ordre du non spécularisable, du non rationalisable, elle échappe au signifiant. Telle est l’idée au fondement des recherches de Jekyll :
I was so far in my reflections when, as I have said, a side light began to shine upon the subject from the laboratory table. I began to perceive more deeply than it has ever been stated, the trembling immateriality, the mist-like transience, of this seemingly so solid body on which we walk attired. (J. &H., p. 82)
J’en étais arrivé à ce stade dans mes cogitations lorsque, comme je l’ai dit plus haut, une lueur inattendue, issue de mes expériences de laboratoire, vint éclairer le sujet en question. Je me mis à percevoir, avec plus de pénétration que tout ce qui avait pu être dit auparavant, la tremblante immatérialité, l’éphémère nébulosité de ce corps en apparence si solide dont nous sommes attifés. (J. &H., p. 119)
Sa découverte porte sur la dimension imaginaire du moi, véhiculée par l’image du corps. Le sujet ne s’y trouve pas représenté. Les travaux de la science moderne étaient à cet égard propices à conduire sur cette voie, indiquant que la matérialité du corps est faite d’éléments constitutifs imperceptibles à l’œil nu mais aussi de particules et de fluides en mouvement, ce que Jekyll qualifie d’« immatérialité ». Soulignant que l’Un « ne tient qu’à l’essence du signifiant », Lacan ajoute : « Si j’ai interrogé Frege au départ, c’est pour tenter de démontrer la béance qu’il y a de cet Un à quelque chose qui tient à l’être et, derrière l’être, à la jouissance »[3] Il poursuit : « l’habit aime le moine, parce que c’est par là qu’ils ne sont qu’un. Autrement dit, ce qu’il y a sous l’habit et que nous nommons le corps, ce n’est peut-être que ce reste que nous nommons l’objet a. Ce qui fait tenir l’image, c’est un reste »,[4] l’habit est à comprendre comme l’image du corps. Ainsi le corps de Hyde ne fait-il que dévoiler la face de jouissance du sujet, l’objet a, non spécularisable, qui manque à être refoulé dans l’angoisse comme l’indiquent les travaux de Freud et de Lacan.
He is not easy to describe, indique Enfield à Utterson à l’orée du récit. There is something wrong with his appearance; something displeasing, something downright detestable. I never saw a man I so disliked, and yet I scarce know why. (J. &H., p. 34)
Il n’est pas facile à décrire. Il y a quelque chose qui cloche dans son aspect, quelque chose de désagréable, voire d’odieux. Je n’ai jamais rencontré personne d’aussi antipathique, sans pour autant être en mesure de dire pourquoi. (J. &H., p. 62)
Le malaise qui s’empare de tous lorsqu’ils le voient évoque l’expérience de l’angoisse, lorsque l’objet cause de la jouissance fait effraction dans le réel et n’est plus refoulé. « I once saw him and shared your feeling of repulsion », indique Utterson à Enfield (J. &H., p. 60) « Vous ai-je dit que je l’avais vu un jour, et que j’avais éprouvé comme vous ce sentiment de répulsion ? » (J. &H., p. 92) Poole reconnaît Hyde pour sa part, à la sensation d’horreur qu’il éprouve en voyant l’homme masqué (J. &H., p. 68 & 101). L’homme s’avère un et divisé à la fois par la jouissance, le reste sous l’habit.
Pris dans le contexte de la science du XIXème siècle, « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde » en cerne les conséquences tout en dévoilant la face sombre des idéaux rationalistes. Au revers de ceux-ci, pointant sur les limites de la science, la nouvelle anticipe sur la découverte freudienne en dévoilant la face de jouissance du sujet de l’inconscient et son inéluctable division. Les ingrédients du mythe s’y trouvent dès lors réunis : le texte véhicule un savoir sur l’inconscient comme produit du discours de la science ; il dévoile aussi un savoir sur le sujet de l’inconscient dans son rapport à la jouissance, accentuant la question de la culpabilité et du surmoi. Néanmoins, ce texte se situe à une charnière, reflet du tournant épistémologique qui s’amorce en cette fin de siècle. Il entrevoit l’inexistence de l’Autre, conséquence du triomphe du discours de la science. L’intériorisation du monstre y contribue (le texte s’écarte de Dracula et de Frankenstein par ce paramètre). Néanmoins la troisième condition du mythe se trouve réalisée. Le mythe nécessite la subsistance d’une référence à l’Autre. Il se trouve ici incarné en la figure de Hyde, il est confondu avec le sujet, attestant d’une crainte : que l’effacement de l’Autre comme instance de la garantie cède la place à l’Autre de la jouissance illimitée. À cet égard, « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde » s’avère incontestablement l’un des derniers grands mythes modernes.

Sophie Marret-Maleval est psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne, professeur au département de psychanalyse à l'Université de Paris 8.

[1] R.L. Stevenson, « The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde », Harmondsworth, Penguin, (1986) 1979, traduction de J-P. Naugrette, Paris, Livre de Poche, 2000.
[2] Daniel Boorstin, Les découvreurs, (1983), Paris, Seghers, 1986, p. 271.
[3]  Jacques Lacan, Le séminaire livre XX, Encore, p. 12
[4] Ibid.
Images : 1, whatredread.blogspot.com 2au.fil.des.livres.over-blog.com 3, Dr. Jekyll and MrHyde is a 1931 American Pre-Code horror film directed by Rouben Mamoulian and starring Fredric March.cinemaknifefight.com



dimanche 2 septembre 2012

Remi Lestien "Le médecin face au défi de la science"


Remi Lestien

« Le médecin face au défi de la science »

Ce texte est un extrait choisi
d’une intervention introductive
de la journée « Psychanalyse et médecine »
organisée au Mans
le 31 mars 2012.


Les nouvelles conditions de l'efficacité médicale entraînent paradoxalement un certain désenchantement des médecins.

Et de fait, beaucoup plus généralement, la Science échappe désormais à tout discours qui prétendrait la maîtriser.

- Elle échappe à la volonté du maître politique malgré l’appoint de la technocratie - la croissance folle des dépenses en est l’illustration.
- Elle échappe au discours universitaire - c’est beaucoup plus récent – Chacun le sait dorénavant, l’enseignement est sous la coupe de l’industrie pharmaceutique.

La médecine est en fait livrée au discours capitaliste et à l’industrie qui inonde le marché avec des produits à l’ingéniosité qui semble infinie.

L’individu humain a été radicalement objectivé par la survenue de la science dont le projet est de le restreindre à un pur organisme.
Mais pour les médecins, cette objectivation est plus récente - leur malaise en témoigne - ils n’en ont pas encore mesuré complètement les conséquences.

Prenons un exemple simple et bien connu celui de la randomisation en double-aveugle des essais médicaux. On voit là que l’objectivation ne touche plus seulement le patient – tirage au sort des patients, choix aléatoires des personnes traitées et de celles qui ne reçoivent qu’un placebo. Mais par-dessus tout le médecin lui-même doit ignorer qui est traité et qui ne l’est pas. Seule la médecine scientifique doit être opérante, le médecin n’en est plus qu’un serviteur plus ou moins zélé.
  
La médecine scientifique impose le fondement de la preuve et une preuve qui doit être objectivable : chiffrage statistique, chiffrage biologique…. En tous cas, la simple subjectivité médicale est systématiquement suspectée. Plus question pour le médecin de se faire lui-même une idée personnelle de ce qu’il fait. Constatons le, la stricte scientifisation de l’acte médical entraîne inéluctablement une perte de la fonction médicale. Le savoir fonctionne pour lui-même, idéalement sans intervention du médecin.

Ce qui est touché c’est très fondamentalement le rapport du médecin au langage. Privé de la fonction de supposé savoir, sa parole devient suspecte  - dit autrement, sa parole risque de ne plus faire autorité.
Il lui faut en passer par des questionnaires, fiches d’information, feuilles de consentement – Tous ces textes standardisés sont destinés à éviter tout malentendus entre patient et médecin.
  
Si on ne peut se plaindre de l’efficacité toujours améliorée des soins et des prouesses thérapeutiques, il faut parallèlement affirmer que la politique du chiffre qui vise l’exactitude rate systématiquement la vérité, y compris la vérité du bien être. Il restera toujours un résidu qui ne pourra être résorbé par le chiffrage et les thérapeutiques.

Le Corps du malade sera toujours là – on a beau ne vouloir traiter que l’organisme, il revient toujours. Vous le verrez ressurgir partout - ce qui a été rejeté de la dimension du langage revient dans le réel.

Ce que nous appelons le symptôme s’installe dans le clivage entre savoir scientifique et vérité.
  
Les médecins ne sont pas tous dupes de cette faillite de la science à répondre en terme de vérité. Chaque médecin trouve des parades et se débrouille pour répondre de cette perte collective d’autorité

On peut redonner du sens à ce qui n’en a plus, redonner un supplément d’âme à ce qui est desséché par des arbres décisionnels universels.
On peut jouer avec les règles, faire des exceptions - tout ce qui redonne de la singularité à nos soins médicaux est sûrement une première et essentielle réponse au désordre introduit par l’anonymat.

Mais plus fondamentalement la question posée et de donner réponse au défi qu’impose à notre civilisation la fracture irréversible entre savoir et vérité,

Comment réintroduire la dimension du langage et du désir ? Comment répondre à cette part de souffrance que la Science ne peut résorber ? - non avec les méthodes scientifiques, mais avec les idéaux de rigueur de la science.

Il ne s’agit pas de s’émouvoir du désordre que nous provoquons mais de trouver une parade à ce déferlement de savoir aveugle. Comment faire vivre une SCIENCE QUI TIENNE  COMPTE DU SUJET ? Gageons qu’il se trouvera toujours des médecins pour s’affronter à cet impossible et supporter les nouvelles conditions de leur responsabilité à répondre de ce réel.


Remi Lestien est psychanalyste à Nantes, médecin  gynécologue, membre de l'ECF et délégué régional de l'ACF-VLB. 
Il interviendra samedi matin lors de la conversation consécutive au film La piel que habito et participera l'après-midi à la table ronde intitulée Le désir du scientifique et le sujet de l'inconscient. 

dimanche 26 août 2012

Remi Lestien "La médecine et la position subjective du malade"


Remi Lestien

« La médecine et la position subjective du malade »


Ce texte est un extrait choisi
d’une intervention introductive faite au Mans
lors de la journée « Psychanalyse et médecine »
le 31 mars 2012.

Qu’est ce qu'un médecin ?
 La question paraît foutraque tellement cela paraît aller de soi avec les progrès foudroyants de la médecine depuis la révolution technique des années 60. Mais paradoxalement c'est sans doute pour cette raison même que, au contraire, la question se pose cruellement. 

Retour sur l'histoire de la médecine


L’histoire de l'humanité est jalonnée par de nombreuses étapes de la pratique des soins médicaux, mais, de tout temps, chaque société a donné à certains, la mission de calmer l'inquiétude des hommes en soignant leurs maladies et en les soulageant de leurs angoisses de la mort.

Deux ou trois points de repère dans cette longue histoire :

1*La médecine hippocratique avait posé les premiers fondements de la rationalité - C'est la première grande révolution avec UNE PENSÉE CAUSALISTE LINEAIRE (la clinique). Mais en son fond la médecine était restée religieuse. Les théories de Claude Galien vont dominer la médecine européenne jusqu'au XVI siècle - Le fonctionnement organique repose sur une théorie globale - grande construction imaginaire : les quatre éléments, les quatre humeurs et les quatre états avec le dégagement de grands tempéraments…..

2*La deuxième révolution se produit au détour de la fin du XVI siècle. C'est le développement de la Science. Moment crucial pour la médecine. Cette naissance de la clinique scientifique est due à une transgression qui a permis le clivage entre Savoir et vérité. Une transgression d'avoir vaincu le tabou fondamental du respect du cadavre. (Le premier à a avoir osé ouvrir un cadavre en faisant fi de toute religiosité est Vésale né à Bruxelles en 1514). Je simplifie. Ce moment, parce que ça ne s'est pas fait en quelques mois - ce moment Michel Foucault l'avait situé dans le courant du XVIIsiècle dans son beau livre Naissance de la Clinique paru en 1963.

Ce qui apparaît c'est une médecine du regard, la lecture des signes dans le cadavre. : « Ouvrez quelques cadavres et vous verrez aussitôt disparaître l'obscurité que la seule observation n'avait pu dissiper », citation de François Xavier Bichat (1771-1802).

Ce qui est fondamental c'est que tous les vieux savoirs sont mis au rancart. Disons que tous les savoirs ont été remis en question et que les nouveaux sont séparés de toute vérité eschatologique. Pour le dire autrement tout savoir est dans sa nature un savoir sur le cadavre.
La déconnection entre savoir et vérité est radicale. Il n'y a de savoir médical que séparé de toute subjectivité et évidemment aussi de toute croyance.

Le patient est devenu objet de la médecine - mais objet finalement ce   n'est pas si mal car objet de soin il reste, avec une clinique qui mêle aller et     retour entre savoir universel et traitement singulier - en clair le fameux  colloque singulier. Le diagnostic est universel - le traitement est singulier.
C'était la clinique de papa. Foucault disait qu'au salut s'était substitué la santé.

Au total la fonction médicale a deux facettes :
- la facette du soin dont les moyens sont ceux de l’époque et on n’a pas de raison de douter qu’à chaque époque les moyens aient été ingénieux et précautionneux.
- Et la facette de réponse à une demande plus vague celle de sens. À  travers sa condition de malade le sujet attend des réponses sur le sens de la vie, du sexe et du temps.
Le médecin tire son AURA de son efficacité mais il tient son AUTORITÉ d'une capacité beaucoup plus subtile - celle de tenir sa place face à l'insupportable de la condition humaine. 

La fonction primitive et fondamentale de la médecine est de donner à travers les soins une signification à la demande du patient.

3*Mais une troisième révolution va avoir des conséquences beaucoup plus considérables. C’est la révolution thérapeutique des années 60.
Enfin, pour les jeunes médecins, elle est plutôt apparue dans le décours des années 80.
Inutile de vous détailler les progrès fulgurants accomplis en quelques dizaines d'années - nous y sommes et vous les utilisez tous les jours.
La médecine n’est plus seulement diagnostique mais essentiellement thérapeutique. On pourrait même dire essentiellement thérapeutique avec une extension des réponses à tous les domaines de la vie humaine - des plus graves aux plus cosmétiques. 

Apparaît ainsi un effacement des frontières - On aura de plus en plus de mal à définir ce qui est proprement médical.
Chacun connaît l'effacement de la clinique traditionnelle avec un brouillage du temps diagnostique et du temps thérapeutique par exemple : on appelle syndrome dépressif ce qui répond favorablement au traitement antidépresseur. C'est presque devenu un adage.
Mais effacement aussi 
- Entre le normal et le pathologique 
- Entre le domaine de l'organique et celui du psychisme : (la psychiatrie va bientôt être résorbée dans la médecine générale). 

- Effacement des frontières entre les thérapeutiques éprouvées et les thérapeutiques expérimentales. 
- Les interventions multipliées aux frontières de l'existence remettent même en question les limites de la personne humaine.

Sans nier les bénéfices d'une telle évolution il faut constater que cette prise en masse de toute la clinique médicale par l’exigence d'être scientifique, laisse de côté quelque chose d’essentiel qui est la position subjective du malade. Disons que plus la position subjective du patient sera rejetée plus puissantes seront les revendications de l’individu à être considéré pour lui-même - y compris avec les droits du consommateur.

La rupture entre savoir et subjectivité a pour résultat de mortifier tout savoir.
Mais le corps humain est bien vivant et il est condamné aussi à s’exprimer par le langage.

*Qu’est ce qu’un médecin ? C’est celui qui acceptera de toujours rester là, y compris quand l’attente deviendra anxieuse ou quand le réel nu se dévoile - en tout cas sa présence est requise là où plus aucune règle ne vient border l’angoisse.

Lacan disait que "la clinique c'est le réel comme impossible à supporter". Cet impossible à supporter que la science impose finalement autant qu'elle en protège.
Loin de se limiter à un savoir objectif sur le corps et les maladies, la médecine donne, malgré elle, une réponse aux questions du sujet - questions souvent ignorées du sujet lui-même et sous-tendues par sa demande de soins.

Remi Lestien est psychanalyste à Nantes, médecin  gynécologue, membre de l'ECF et délégué régional de l'ACF-VLB, il interviendra samedi matin lors de la conversation consécutive au film La piel que habito et participera l'après-midi à la table ronde intitulée Le désir du scientifique et le sujet de l'inconscient. 


Image : Photographie d'Estelle Lagarde, La traversée imprévue, que l'on retrouve sur l'affiche de la JOURNÉE D’ETUDE PSYCHANALYSE ET MEDECINE, Le sujet en cause face à la maladie grave, qui s'est déroulée au Mans à l'initiative de Sylvie Legendre le 31 mars 2012.


dimanche 22 juillet 2012

Bruno Durand "Le chanteur à l'époque de sa reproduction"


"Le chanteur à l’époque de sa reproduction"

Bruno Durand

Ce texte est paru dans le bulletin en ligne “Actuel”
de l’ACF Bourgogne Franche-Comté.

Les morts ne reviennent parmi les vivants qu’en trop petit nombre. On peut même estimer qu’il n’y a plus de morts ! Tupac Amaru Shakur, rappeur, connu sous ses noms de scène de 2PAC et Makaveli, né le 16/06/71 à New-York est mort assassiné dans une fusillade le 13/09/96, à Las Vegas.
Or, au cours de l’événement musical de Coachella en Californie, en 2012, Tupac est réapparu sur scène, en duo, avec les rappeurs Snoop Dog et Dr. Dre. Il a pu lancer à ses fans un « What’s up Coachella ? »retentissant.[1]

En homme et en image, Tupac, magistral, vu en contre-plongée, torse nu, pantalon blanc, est le signe d’un passé qui resurgit, de la boucle bouclée du temps.

La technique employée pour cette résurrection n’est pas celle de l’hologramme ni même celle d’une illusion 3D. Elle est en réalité très ancienne, inventée dès 1862, utilisée au théâtre pour la première fois lors d’une représentation à Londres d’une pièce de Charles Dickens, The Haunted Man and The Ghost’s Barguin. Cette technique est appelée Pepper’s Ghost[2] ; elle est destinée à créer des illusions d’optique. On place devant la scène une vitre inclinée, invisible aux yeux du public, sur laquelle on projette l’image virtuelle – Un Grand verre duchampien en quelque sorte, ou richterien, puisque voici revenu  le temps de Gerhard Richter[3] - Un morceau de verre présente l’avantage d’être à la fois transparent et réfléchissant selon son emplacement par rapport au public.
Il s’agit donc, en tout premier lieu, d’une histoire de projection.
 « Si seulement tu consens à prendre un miroir et à le retourner de tous côtés, très vite, tu produiras le soleil et les astres du ciel, et aussi rapidement la terre, rapidement toujours toi-même et les autres animaux, et les meubles et les plantes, et tout ce dont on parlait à l’instant… » dit Socrate – « Oui - répond son compagnon (Glaucon) - …des apparences, mais certainement pas des êtres qui existent véritablement. » [4]
« Le visible n’est qu’une ombre, une apparence trompeuse ; le visible (l’art, notamment) est illusion, fantasma » note Platon. Pour cela, le philosophe condamne implacablement les images.
L’image fonctionne d’abord par projection mentale. C’est ce que signifie Platon. Dans le Théétète, il la compare à des empreintes dans des tablettes de cire.
De même, pour Aristote[5] : « On ne peut imaginer, c'est-à-dire produire des images, si l’on n’a pas d’abord perçu » ; il ajoute qu’ « imagination a tiré son nom de lumière », que la représentation est à la fois représentation et représentation de quelque chose ; à la fois visage et souvenir. « Un animal peint sur un tableau est à la fois un animal et une image ». Tupac et l’image de Tupac.
Patrick Vauday[6] souligne toutefois le nouveau rapport à l’image instauré par Aristote : celle-ci n’est plus le double trompeur redouté par Platon mais « l’éclaircie…permettant une rationalisation du sensible. » Phantasia est le terme qui désigne cette apparition « fabricante d’images ». Il s’agit d’un processus ; ce sont les phantasiai, c'est-à-dire les images perçues, qui ont-elles-mêmes la force de construire les images.
Puis, l’image devint une projection perspective, celle d’une mise en ordre du monde ; celle de la science et des artistes. Cette occurrence apparaît plus spécifiquement dans « Perspectiva » de Vitellion (Livre VII), au XIIIème siècle, un ouvrage d’optique (et de théologie) qui influencera Kepler. Enfin, ce fut la conquête de l’espace : Alberti, Brunelleschi, Dürer et son approche de la perspective en tant que vision « traversante » (portillon). Le terme de perspective a la même origine que perspicere : voir au travers mais aussi voir mieux.

Dans le cas Coachella, la prouesse n’est pas exactement liée à l’optique, elle est plutôt graphique. L’image de Tupac, en effet, a été entièrement recréée sur ordinateur en se basant sur les caractéristiques physiques et gestuelles du chanteur, ce à partir des spectacles antérieurs.
Le résultat est sidérant et la mise-en-scène Tupac à inscrire dans le registre du trompe-l’œil à l’âge de la lumière numérique. Entre vérité et artifice, ruse, Il interroge l’image du corps, présence fantomatique, et ce qu’il en est de cette présence à l’âge du virtuel. « Il est clair que l’avènement d’images sans référent ou virtuelles ouvre une nouvelle étape en ce qui concerne les questions de représentations. » relève Alain Badiou.[7]
  Le trompe-l’œil à l’âge numérique dit adieu à la fameuse tournée « Age tendre » ; rendez-vous est d’ailleurs déjà pris par les producteurs avec Elvis et Mickaël Jackson.
Convenons toutefois que tous les modèles ne sont pas de la même trempe et rassurons ainsi Marcel Amont ou Richard Anthony.
Dans l’ordonnance classique des passions, le modèle domine la copie. Pour l’Abbé Du Bos[8], par exemple, Le Massacre des Innocents de Le Brun est une belle œuvre en ce sens que le modèle nous importe et qu’il est digne. Il faut que la chose imitée nous émeuve : « …Si la chose imitée ne nous émeut pas…Comment voulez-vous que l’artefact y parvienne ! » commentait déjà Aristote.
Et d’ajouter la dimension suivante : Il faut que l’original nous touche mais encore qu’il y ait une beauté dans l’exécution : « ça n’est pas l’objet qui nous séduit mais l’art de l’imitateur. C’est moins l’objet qui fixe nos regards que l’adresse de l’artisan » (Du Bos).

Ainsi, le plaisir troublant éprouvé, bouleversant, proche du sublime, à retrouver Tupac, est celui qui associe un sujet aimé impressionnant, prodigieux, une sensibilité esthétique, la reconnaissance d’une virtuosité scientifique, une beauté d’exécution. En ce sens, l’univers de l’art et de la science se rencontrent ; ils ont cela en commun : la pertinence, c'est-à-dire le sentiment d’illumination intellectuelle, et la puissance, celui du démiurgique. Il y a dans cette image de Tupac quelque chose de dense qui satisfait notre nouvelle appétence de lecture hypermoderne, pour reprendre un terme de Gérard Wajcman. Où la technique de la reproduction et la tradition (le bien faire) se rejoignent par l’effet d’hyperspécialisation : un geste unique, un métier.

Plus de morts, surement, mais, plus paradoxalement, un retour inattendu de l’aura.
L’aura, « unique apparition d’un lointain » écrit Benjamin avec une pointe de désespoir, avait disparu (objet perdu), la masse l’avait écartée sous couvert d’accessibilité[9], pariant sur la photographie, le cinéma, objets d’une réception collective…Benjamin fait un constat lucide et mélancolique sur la démocratisation de la culture. Et cela, même si le philosophe perçoit combien, pour la masse, il s’agit de conquérir un droit dans le monde des images que le tableau leur refuse.
Benjamin articule l’aura au rituel ; le non accessible, la rareté, ont une valeur cultuelle qui s’oppose à la « valeur d’exposition » ouvrant, elle, au grand accès de l’ère de la reproduction.
Or voilà que par la masse, l’aura, d’une certaine manière, resurgit - via la reproduction. Le chanteur en chair et en os, l’Unique, abolissant la frontière de l’authentique et de l’inauthentique, rapplique. Qui n’a jamais regretté, sous forme de manque : « Je n’ai jamais vu untel sur scène… » ?
Encore faut-il, cela est consubstantiel à l’idée d’aura, que ce dernier possédât un éclat susceptible, à la fois, de nous illuminer et de nous aveugler.
On choisit son objet. C’est le cas de le dire : « La trouvaille de l’objet est en fait une retrouvaille ».[10] On réclamera alors, pourquoi pas, en un nouveau rituel spectaculaire, une série de Tupac, un Tupac actualisé. Par sa reproduction même, prendre possession de l’objet Tupac, grâce à son image. L’aura est attachée au magique.
Et souvenons-nous que dans la sphère théologique, l’aura et l’auréole renvoient au miroir, un miroir encore « vide » et se présentant comme « énigme à remplir ». Ainsi, le blanc du pantalon de Tupac, cela n’est pas tout à fait une plaisanterie, à l’image des bornes de l’icône, permet d’intensifier les reflets – ce qui nous renvoie au spéculaire. « What’s up Coachella ? ». Ce qui a une aura, c’est ce qui a un regard, une voix.  Là où s’inscrit le désir du sujet.

Les fictions permettent d’apprivoiser la confrontation à la mort ; celle des Fins Dernières [11] est commentée par Lacan[12]. À ce jour, les morts ne ressuscitent plus sur la scène de nos croyances mais sur les scènes du showbiz. Il n’est plus simplement question de mise en place d’une fiction mais de celle du « tout fiction ». Plus de morts du tout se lit : plus de vivants.
  
Bruno Durand est inspecteur d'arts plastiques en Bourgogne. Proche de l'ACF Bourgogne Franche-Comté, il a rédigé quelques textes pour l'ancienne revue Filum ainsi que pour La lettre mensuelle. Il a fait en décembre 2011 une conférence pour l'ACF Nancy/Metz au Centre d'Art "Faux mouvement" à Metz sur L'objet de l'artiste, l'objet du psychanalyste, avec Thierry Vigneron.

 [1] À voir sur youtube

[2] Bigbrowser.blog.lemonde.fr
[3] « Major retrospective » de Gerhard Richter au Centre Pompidou (6 juin – 24 Septembre)
[4] Platon, La République, Livre X.
[5] Aristote, De l’âme, Livre III, 3
[6] Patrick Vauday, L’Invention du visible, Paris, Hermann, 2008.
[7] Alain Badiou, Second manifeste pour la philosophie, Paris, Fayard, 2009
[8] Abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, Paris, (énsb-a), 1993
[9] Walther Benjamin, Ecrits français, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, Paris, Gallimard, 1991
[10] Jacques-Alain Miller, Les Divins détails, inédit, 1989
[11]  Signalons l’exposition Signorelli à Pérouse, jusqu’au 26 Août
[12] Jacques Lacan, Les Formations de l’inconscient, Séminaire 1957-58

2, commeaucinema.com